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Réfugiés de l'environnement : introduction

Publié le: 04. 08. 2009

Les chiffres varient, une certitude demeure : de plusieurs dizaines de millions à ce jour, les réfugiés de l'environnement pourraient se chiffrer en centaines de millions dans les années à venir... Or, tant sur le plan juridique que sur le plan pratique, aucune volonté politique claire n'existe alors que l'heure est à l'urgence...

Réfugiés climatiques, écoréfugiés, réfugiés écologiques ou encore réfugiés environnementaux ? Les appellations concernant les réfugiés de l'environnement sont aussi controversées que les statistiques les dénombrant. L'ONU estime que le nombre de réfugiés climatiques s'élèvera à 50 millions d'ici 2010. Ils devraient être 150 millions en 2050. Un rapport de l'ONG britannique Christian Aid, daté de mai 2007, estime que la Terre comptera plus d'un milliard de réfugiés climatiques d'ici à 2050.
Impossible de trancher : les paramètres démographique, économique et climatique sont trop variables pour permettre une évaluation solide. Une seule certitude, la communauté internationale doit de toute urgence mettre en place une stratégie de sécurité environnementale.

La catégorie des « réfugiés climatiques » ne forme qu'une partie des réfugiés de l'environnement. En 2002, Diana Bates publiait, dans la revue Population and Environment, un article qui allait faire date, « Environmental Refugees ? Classifying Human Migrations Caused by Environmental Change ». Elle y propose une triple classification :

  • Les migrations provoquées par des catastrophes naturelles ou technologiques : le cyclone Nargis en Birmanie (mai 2008), la fusion du cœur du réacteur nucléaire de Tchernobyl, Ukraine, le 26 avril 1986 ;
  • les migrations provoquées par la destruction volontaire d'un habitat dans le cadre d'un projet de développement économique ou par une guerre utilisant la pollution environnementale comme arme : le barrage des Trois-Gorges en Chine, l'agent orange durant la guerre du Vietnam ; 
  • et finalement les migrations provoquées par la pollution ou par l'épuisement des ressources naturelles : l'extraction du pétrole des sables bitumineux en Alberta, Canada, la déforestation en Amazonie.

 

A cela s'ajoute le fait que les migrations peuvent être internes (Colombie, 3 millions de déplacés internes) ou externes, temporaires ou définitives. Toutefois, ces « nouveaux réfugiés » ne sont jamais reconnus comme tels, et pour cause : il n'existe aucun instrument juridique permettant de garantir une assistance et une protection de ces personnes. La protection internationale de la Convention de Genève relative au statut de réfugié politique de 1951 ne mentionne à aucun moment les victimes de catastrophes écologiques. Or, à ce jour, ces victimes sont devenues bien plus nombreuses que les réfugiés politiques.

 

L'environnement a toujours été un facteur de migration. Ce qui change aujourd'hui, c'est l'échelle de ces migrations et leur accélération. Le vide juridique créé par l'absence de statut pour les réfugiés environnementaux doit impérativement être comblé. La Suisse pourrait jouer un rôle important dans ce débat.

 

[texte réd. en sept. 08]

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