Le riz : introduction
Présent sur tous les continents, le riz se compte en dizaines de milliers de variétés. Cette plante s'adapte à tous les climats. Elle représente bien plus qu'une ressource alimentaire. L'Asie, d'où provient 90 % de la production, est imprégnée par le riz. Le riz y est omniprésent : dans la vie quotidienne comme dans les pratiques religieuses. Comme se plaisent à le rappeler nombre de commentateurs, « manger du riz » est synonyme de « manger » en Thaïlande, au Laos et au Vietnam. « Avez-vous mangé du riz aujourd'hui ? » signifie « Comment allez-vous ? ».
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Rizière des Hauts Plateaux - Madagascar © Flickr |
Les paysages varient selon la riziculture pratiquée (riz inondé, riz irrigué ou encore riz pluvial). Le riz est en quelque sorte une plante « totalitaire » car la vie sociale et économique est entièrement dominée par les activités liées à sa culture. Par la multiplicité des tâches qu'elle nécessite, la culture du riz impose des pratiques collectives, notamment lorsque la mécanisation est peu présente.
Le riz est très peu échangé. Seuls 5 à 6 % de sa production arrivent sur le marché. La majeure partie est consommée par les populations des pays producteurs.
S'agissant des exportations, l'Asie tient encore le haut du pavé : la Thaïlande et le Vietnam occupent respectivement le premier et le deuxième rang mondial. Ils contribuent à 50% des exportations totales. Le riz est décidément une affaire asiatique si l'on considère que les Philippines et le Bangladesh forment les deux principaux importateurs de riz de la planète.
La diminution progressive des surfaces de terres arables sous les coups de butoir de la mondialisation – notamment en Chine, premier producteur et consommateur de riz – amène de nombreux pays à chercher de nouvelles terres (à ce sujet, voir le tableau dressé par GRAIN en 2008). Toutes les céréales sont concernées.
Riz hybride chinois ou riz NERICA (pour « New Rice for Africa ») mis au point par le Centre africain du riz, ces riz ont en commun le fait d'être des « riz propriétaires » : en d'autres termes, les producteurs doivent racheter les semences tous les ans.
Rendement accru mais également nouvelle(s) propriété(s) curative(s), tout est bon pour justifier l'émergence de riz OGM : lutter contre la carence en vitamine A ou soulager l'hypertension, tout cela en mangeant du riz transgénique.
Dans un tel contexte d'amélioration de la productivité par l'usage de semences hybrides, d'intrants et de mécanisation, reste-t-il une place pour les « petits producteurs » ? De quel riz et de quels riziculteurs sera fait demain ?


