Rubrikenbild Dok 2

Alliance Sud
Documentation
Av. de Cour 1
1007 Lausanne
doc@alliancesud.ch
Tél. : ++41 21 612 00 86
M2, arrêt Délices

Plan de situation

Horaires d'ouverture:
Lu-Ve 8h30-12h, 13h30-17h30

 
Vous êtes ici : Home Documentation Dossiers Les sans-papiers Les sans-papiers : introduction

Les sans-papiers : introduction

Publié le: 07. 04. 2010

Depuis quelques années, le terme de « sans-papiers » est en vogue sans pour autant qu'une définition précise fasse l'unanimité. Ce terme recoupe des réalités variables qui ont souvent comme point commun la précarité.

L'Europe, surnommée le « vieux continent », sera-t-elle bientôt qualifiée de « continent de vieux » ? Au début du XXème siècle, la population européenne formait le quart de la population mondiale. Aujourd'hui, elle n'en représente plus que le 10%. 17 pays de l'Union européenne (UE) sur 25 connaissent plus de décès que de naissances (chiffres 2006, selon Aymeric Chauprade). Ceci explique que, depuis le début du XXème siècle, l'Europe connaisse une immigration d'origine extra-européenne constante.
Aux Etats-Unis, ce sont annuellement 500'000 sans-papiers sud-américains qui réussisent à franchir les projecteurs, caméras infrarouges et autres patrouilles qui protègent le Nord riche des « invasions barbares ». Il faut savoir que les « remesas » - versements envoyés par les expatriés aux familles restées aux pays – constituent une des sources de devises les plus importantes pour les Etats du cône Sud. Par ailleurs, côté nord-américain, « la migration joue un rôle stratégique dans l’approvisionnement de main-d’œuvre flexible et bon marché », comme le souligne Alejandro Díaz Bautista, de l’Institut des sciences sociales Colegio de la Frontera Norte, cité par Amnesty.

Les motivations qui animent les migrants sont diverses. Elles peuvent être d'ordre politique, économique, sécuritaire, ou encore environnementale.

Toutefois, il faut préciser que ces migrations ne vont pas uniquement dans le sens Sud-Nord, elles concernent également les pays du Sud entre eux. Les pays du Golfe sont exemplaires à ce titre : le pourcentage d'immigrés dans la population active y atteint des sommets : 90% aux Emirats arabes unis, 86% au Qatar...

Les pays du Nord, Union européenne (UE) et Etats-Unis en tête, tentent de freiner par tous les moyens l'arrivée des « étrangers non-désirés » : « Directive retour » adoptée par l'UE le 18 juin 2008, décision en 2006 du Sénat américain d'ériger un mur de l'océan Pacifique au golfe du Mexique... (à ce sujet, voir « Murs et frontières »).

La Suisse n'est pas en reste. L'acceptation en 2006 des nouvelles lois sur les étrangers et sur l'asile n'ont fait que confirmer la tendance générale des pays du Nord à vouloir « choisir leurs immigrés ».

Sans-papiers : une définition

Un sans-papiers est une personne séjournant dans un pays sans titre de séjour valable. Cette personne n'a fréquemment aucune possibilité d'obtenir un permis de travail ou de bénéficier d'une couverture sociale (assurance-maladie entre autres). Elle est à la merci de son employeur comme de son logeur. Elle vit dans la peur permanente d'un contrôle d'identité et d'un renvoi.

Comme le précise le Réseau d'information et de documentation pour le développement durable et la solidarité internationale (Ritimo, France), « beaucoup de sans-papiers se sentent aussi dépourvus d’identité et de dignité. Et ce sentiment est souvent renforcé par la manière dont ils sont traités par le pays d’accueil. »

Le terme de sans-papiers peut relever de situations et de parcours différents : clandestin, immigré, requérant d'asile ou NEM (pour « non-entrée en matière », requérant dont la demande d'asile ne remplit pas tous les critères prescrits) ... Les différentes réalités se mélangent et se chevauchent et aucune définition ne fait l'unanimité parmi les administrations ou les organisations qui s'occupent de ces personnes.

Situation en Suisse

Selon le site sans-papiers.ch, la Suisse compterait de 100'000 à 300'000 sans-papiers. Ces derniers occupent les emplois les plus précaires et les plus mal rétribués. On trouve des sans-papiers dans le bâtiment, l'agriculture, le tourisme, la restauration, les ménages, les sociétés de nettoyage, les établissements médico-sociaux (EMS)... Ces hommes et ces femmes « clandestin-e-s » sont indispensables au fonctionnement de l'économie suisse. De nombreux sans-papiers vivent depuis des années en Suisse, leurs enfants y sont nés et y ont suivi un parcours scolaire.
Récemment, un débat politique s'est ouvert à Lausanne sur la question du droit des jeunes sans-papiers parvenus en fin de scolarité obligatoire à suivre un apprentissage (voir notre dossier de débat sur ce sujet).

Depuis 2001, différents collectifs de sans-papiers se sont créés en Suisse romande puis en Suisse alémanique.
Malgré les situations dramatiques entraînées par la législation en vigueur, la Suisse officielle campe sur ses positions et ferme les yeux.

Classification: Société
Actions sur le document
Outils personnels