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Murs et frontières

Publié le: 09. 10. 2009

L'approche du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin – 8 novembre 1989 – donne lieu à de nombreuses publications et réflexions.

L'excellent magazine Books propose dans sa dernière livraison datée d'octobre un dossier intitulé « Les nouveaux murs de la peur ». On y trouve notamment une carte géographique dénombrant onze murs « actifs » dans le monde : pour citer les plus connus et ceux sur lesquels porte principalement le dossier, les murs israéliens (le mur en béton construit par Israël mais également le mur construit par l'Égypte à la frontière entre la bande de Gaza et l'Égypte) et le mur de 1100 km à la frontière séparant le Mexique et les États-Unis. Parmi les barrières et clôtures moins connues, la barrière de 4000 km construite depuis 2002 par l'Inde à sa frontière avec le Bangladesh ou encore la clôture électrifiée de 500 km construite depuis 2007 par le Botswana à sa frontière avec le Zimbabwe.


Tzvetan Todorov, dans un entretien au magazine, s'interroge sur la pertinence « d'unifier toutes les questions posées par les différents murs [...] L'identité matérielle de l'objet recouvre des fonctions très variées. » Et de citer le mur de Berlin qui, contrairement à la plupart des murs qui ont pour objectif d'empêcher les étrangers d'entrer, « visait au contraire à empêcher la population d'en sortir ».
A l'échelle de l'Histoire, les murs sont condamnés à tomber un jour ou l'autre. Maigre consolation pour les victimes. Car « grandir derrière les murs vous déforme de l'intérieur, vous finissez par oublier qu'il existe un en-dehors de la prison ; ou, plus rarement, vous nourrissez une telle haine de la prison qu'elle envahit votre être, vous perdez tout sens des nuances et ne voyez autour de vous que du noir et du blanc. [...] les murs, même mortels, vivent plus longtemps que les personnes. » conclut le philosophe.

L'actualité n'est pas avare d'exemples s'agissant de murs. Ainsi en août 2006, la mairie de Padoue isole un complexe immobilier du reste de la ville par un mur, provisoire dit-elle. Il s'agit de « stopper le va-et-vient des revendeurs de drogue et à mettre un terme aux violences récurrentes » (Le Courrier du 18 août 2006).
Les exemples pourraient être démultipliés à loisir. Tous ces murs ont un point commun : la peur de l'Autre. Ils peuvent remplir d'autres fonctions, politique, économique, de conquête – le mur israélien par exemple – mais ils conservent cette caractéristique de vouloir isoler un territoire, une population d'une menace réelle ou supposée.
L'enfermement et l'isolement peuvent être vécus dans les deux sens : comme le dit avec humour cet intellectuel palestinien parlant du mur de séparation, « le mur n'est pas autour de nous, il est autour d'eux ».

Numéros disponibles au centre de documentation :

  • Les nouveaux murs de la peur, Books no 9 (octobre 2009)

  • Murs et frontières, Géopolitique no 104 (janvier 2009)

Emission de Geopolitis du 28 octobre 2009 :

Articles en ligne :

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