La Caravane pour la paix

By Eneas De Troya from Mexico City, México (Protesta frente a la carcel de Joe Arpaio) [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)]
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Du 12 août au 12 septembre 2012, la Caravane pour la paix sillonne les Etats-Unis pour sensibiliser le public américain à l'effroyable massacre perpétré au Mexique dans la lutte contre les cartels de la drogue.

Le 12 août 2012, la « Caravane pour la paix » quittait San Diego pour un périple de 9'000 km qui doit la mener jusqu’à Washington DC le 12 septembre 2012.

27’199 Mexicains assassinés en 2011 et une hausse de 306% des homicides en 5 ans selon l’Institut national de statistiques et de géographie (INEGI). Le Mexique figure aujourd’hui au cinquième rang des pays les plus meurtriers du continent.

A l'origine localisée plus particulièrement dans certains Etats mexicains, la violence des cartels de la drogue s’est généralisée à toutes les régions du pays sous l’offensive de l’armée mexicaine. « La lutte du gouvernement a entraîné une perte d’autorité de l’Etat et une contamination de la violence des narcotrafiquants sur les autres conflits, familiaux, amoureux ou de travail, qui autrefois ne débouchaient pas sur un crime » explique Luis de la Barrera, spécialiste de la sécurité publique à l’Université nationale autonome de Mexico (UNAM). Les homicides sont devenus la première cause de mortalité des moins de 30 ans (Le Monde, 24 août 2012).

Le poète et activiste Javier Sicilia a pris la tête de la Caravane pour la paix après la mort de son fils. La Caravane regroupe un grand nombre de personnes ayant perdu un proche dans le cadre de la guerre contre les cartels. Le but de cette marche est de sensibiliser les nord-américains, en pleine campagne électorale, sur le prix exorbitant payé par la population mexicaine dans cet affrontement sans merci. Elle cherche à dénoncer la promotion et l’aide accordée à une campagne militaire contre les cartels. Elle stigmatise également l’hypocrisie du voisin du Nord qui alimente en armes le Mexique : 142'000 armes ont été saisies depuis cinq ans et demi, dont 80% proviennent des Etats-Unis, où leur vente est libre (Le Monde, 24 août). Sans oublier bien sûr l’énorme demande en drogues illicites de la part des consommateurs américains.

Devant ce drame, Javier Sicilia appelle à la résistance non-violente, seule capable, selon lui, de mettre fin à ce massacre (Nacla, North American Congress on Latin America, 21 août 2012).

Plus près de nous, le Portugal a dépénalisé toutes les drogues illicites depuis 2000 avec des résultats surprenants.

A quand la fin de l’hypocrisie ?

«Derrière les drogués, il y a nos morts», Léonore Mahieux, Le Temps, 17 août 2012

Mexique : une « Caravane de la paix» contre la violence du narcotrafic, RFI 12 août 2012

Mexique: Un mouvement citoyen s’oppose à la Guerre Contre la Drogue, Louise Levayer, Report Out Loud (ROL), 15 juin 2012

La guerre à la drogue est perdue, essayons la paix, Marc-André Miserez, swissinfo, 16 mars 2012

Drogues: le succès du modèle portugais, Marie-Line Darcy, myeurop.info, 14 juin 2011

"La lutte antidrogue est un échec mondial", Jules Giraudat, L’Express 10 mai 2011

Au Portugal, la drogue est une affaire de santé, François Musseau, Libération, 19 novembre 2010