Le volcan qui cache la montagne

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Au moment où l'Europe philosophe, l'espace d'une semaine, sur la puissance de la nature, incarnée par un obscur volcan islandais, la Bolivie organisait la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique.

Des foules d'hommes d'affaires et de touristes végétant dans des aéroports, des manifestations, des conférences ou des concerts annulés et le fret aérien vers l'Europe paralysé ont ému et préoccupé l'Europe. Pourtant, soyons certains que les louables discours sur la puissance de la nature et la petitesse de l'homme s'évanouiront dans l'atmosphère aussi vite que des cendres : de même que la crise financière de septembre 2008 n'a absolument pas modifié nos modes de vie et de consommation, le buzz volcanique d'avril 2010 ne nous fera guère réfléchir sur la frénésie de nos besoins et de nos déplacements.

A Cochabamba, à 2500 mètres d'altitude dans les Andes boliviennes, le président Evo Morales a organisé en quatre mois un sommet sur le changement climatique. Déçu, voire trompé par le non-résultat de la méga conférence onusienne de Copenhague, il a convoqué une Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique. Pas de star politique, pas de bras de fer européo-américano-chinois, mais un sommet populaire réunissant près de 35'000 personnes, reprenant les rênes de l'altermondialisme sud-américain.

Au final, des propositions bien plus concrètes que celles du moribond document de la Conférence de l'ONU : un tribunal international de justice climatique et environnemental, un appel à un référendum mondial sur le changement climatique et une demande de réduction de 50% des émissions de co2 des pays développés.

Malheureusement, l'éphémère dieu Eyjafjöll a éclipsé, dans nos médias, le Sommet de Cochabamba. Pourtant les solutions pour préserver notre chère Terre se discutaient là-bas, en Bolivie, pays que de nombreux Européens n'ont pu atteindre en raison de l'éruption d'un volcan islandais....

L’importance de Cochabamba pour le mouvement altermondialiste, Georges Menahem, Mouvements, 30 novembre 2010

Cochabamba : quand la planète « d’en bas » discute du climat, Pauline Lavaud, Basta, 27 avril 2010

Sommet de Cochabamba : un premier bilan, Clara Delpas, Novethic, 26 avril 2010

En Bolivie, appel "populaire" à un tribunal du climat, Hervé Kempf, Le Monde, 24 avril 2010 [repris par le CADTM]

Catastrophe climatique: le capitalisme sur le banc des accusés, Mathieu Glayre, le Courrier, 22 avril 2010

Cochabamba : de la « guerre de l’eau » à la conférence alternative sur le climat, Maxime Combes, Basta, 21 avril 2010

Les leçons du volcan d’Eyjafjöll, Emmanuel Delannoy, Terra Eco, 19 avril 2010

Après Copenhague, le déluge ?, Ronack Monabay, Basta, 12 février 2010

La Bolivie invite la société civile à dépasser l'échec de Copenhague, Bernard Perrin, Le Courrier, 11 Janvier 2010