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Tourisme : introduction

Publié le: 19. 08. 2009

Quel(s) tourisme(s), quel(s) développement(s), quelles conséquences ?

D'une vingtaine de millions dans l'immédiat après-guerre, les déplacements des touristes internationaux ont fait exploser les statistiques en atteignant en 2005 plus de 800 millions d'unités. Ce chiffre devrait doubler d'ici 2020 selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT). Le tourisme figure en tête du commerce mondial, devant l'automobile et le pétrole. Les recettes du tourisme international ont représenté 7000 milliards de dollars en 2013 [chiffres mis à jour en juillet 2014]. Son influence se fait sentir dans tous les secteurs : économique, social, culturel, environnemental.

A en croire le Code mondial d'éthique du tourisme élaboré en 1999 par l'OMT, l'industrie touristique est un acteur essentiel de développement, même si l'OMT en craint les excès. Article 9 : « Facteur irremplaçable de solidarité dans le développement et de dynamisme dans les échanges internationaux, les entreprises multinationales de l'industrie touristique ne doivent pas abuser de situations de positions dominantes qu'elles détiennent parfois ; elles doivent éviter de devenir le vecteur de modèles culturels et sociaux artificiellement imposés aux communautés d'accueil ; en échange de la liberté d'investir et d'opérer commercialement qui doit leur être pleinement reconnue, elles doivent s'impliquer dans le développement local en évitant par le rapatriement excessif de leurs bénéfices ou par leurs importations induites, de réduire la contribution qu'elles apportent aux économies où elles sont implantées. » Simple voeu pieux ?

Touriste, CC Lain, flickr
Touriste, CC Lain, flickr

Le tourisme, à l'origine réservé aux classes aisées, s'est « démocratisé » dans la première moitié du 20ème siècle avec l'apparition des congés payés. Il faut toutefois relativiser cette affirmation : seuls 60% de la population « développée » y a accès. Au Sud, cette activité est simplement inimaginable. Comme l'indique Bernard Duterme, directeur du Centre tricontinental à Louvain-la-Neuve en Belgique, le tourisme « constitue un reflet assez fidèle de l'organisation de la planète et de ses disparités. « Migrations d'agrément » et « migrations de désagrément » se croisent aux frontières, béantes pour les uns, grillagées pour les autres, du premier monde et du tiers-monde. »

L'apparition d'un « autre » tourisme – solidaire, responsable, durable, éthique - démontre qu'au-delà du discours lénifiant de l'OMT, une prise de conscience s'est amorcée dans l'opinion publique. Mais ce mouvement reste minoritaire et la multiplication des appellations alternatives ne contribue pas à le renforcer. Le maquis des codes, déclarations, chartes, certifications, labels et autres normes jette un voile de brume supplémentaire sur ce sujet complexe.

Aujourd'hui, la question reste de savoir si le tourisme, dont la croissance sous-tend l'augmentation des transports et de la consommation, peut évoluer vers un véritable tourisme responsable, une activité porteuse de sens et plus respectueuse des autres et de l'environnement. Même s'il existe des expériences réussies de tourisme « alternatif », le bilan de l'activité économique majeure appelée « tourisme » est aujourd'hui globalement négatif, quel que soit l'angle de vue emprunté pour l'examiner. L'épuisement des ressources fossiles et les désordres climatiques induits par les activités humaines parviendront-elles à contraindre le tourisme à un examen de conscience ?

[rédaction du texte : décembre 2007]

Classification: Commerce
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Tourisme(s), RIS no 90 (été 2013)La Revue internationale et stratégique consacre son dossier de l'été 2013 au(x) tourisme(s). Consultable au centre de documentation.

 
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