Tourisme humanitaire : retour sur la conférence

Événement
Le 18 mai dernier, une salle pleine à Alliance Sud InfoDoc a vu trois intervenants présenter une conférence et mener une discussion avec le public sur le tourisme humanitaire. Retour sur une soirée riche d’enseignements et podcast de la conférence.

Combien de gens étant jeunes ont voulu aller « sauver le monde » et donner quelques semaines de leurs vacances pour « aider dans l’humanitaire » ? Nous sommes nombreux à l’avoir fait et avons tous espéré avoir un impact profitable aux populations bénéficiaires. Les ONG humanitaires envoient depuis longtemps des volontaires travailler sur leurs projets de développement. Mais quelles sont les différentes pratiques ? Les effets sont-ils toujours positifs ? Et comment s’assurer du bien-fondé d’un séjour de « volontourisme » ?

C’est à ces questions que Philippe Randin, directeur de Nouvelle Planète, Emmanuelle Werner, directrice de Friends International Suisse et Isabelle Lejeune, directrice de Tourism for Help, ont voulu répondre devant 75 personnes venues pour en débattre.

Philippe Randin a d’abord présenté les aspects positifs de telles pratiques. Son association envoie chaque année plus d’une centaine de personnes sur leurs propres projets de développement. Il a montré comment l’échange entre personnes de différentes cultures était un atout pour la compréhension réciproque des populations mondiales. Il a expliqué combien les jeunes partis aider à la construction d’une école ou d’un centre d’artisanat revenaient marqués et intégraient cette expérience pour le restant de leur vie. Il a également pris garde d’avertir que ces voyages n’étaient en aucun cas une prérogative à la réalisation de projets qui se feraient de la même manière sans les volontaires, éléments qu’il s’agit de bien expliquer à ces voyageurs.

Emmanuelle Werner a exposé certaines dérives alarmantes et dramatiques. En effet, des organisations se sont constituées pour tirer profit de cette demande et développent des « projets » dans le seul but de vendre des voyages humanitaires aux jeunes occidentaux. Elle a notamment démontré qu’au Cambodge, nombre d’orphelinats ont été créé avec de faux orphelins et que ces structures arrachent les enfants à leurs familles en leur promettant un meilleur avenir. Le bon sens et l’esprit critique vis-à-vis des « prestataires » doit préjuger. Des outils existent également pour détecter ces pratiques (voir encadré) et un conseil majeur est de simplement ne pas aller s’occuper d’enfants, un travail qui doit rester l’apanage de professionnels.

Isabelle Lejeune a amené un certain recul sur la question en interrogeant le public sur les intentions de ces voyageurs. Partent-ils pour eux-mêmes ou pour les autres ? Elle a aussi expliqué que si le but est d’aider les populations du sud, le mieux est souvent de voyager en tant que touriste pour favoriser un développement économique, tout en choisissant au maximum les structures touristiques responsables, s’apparentant souvent aux petites entreprises et non aux grands groupes touristico-industriels.

La discussion qui s’en est suivie a été riche de questions et commentaires du public relevant d’autres aspects et montrant que le sujet va encore évoluer dans les années à venir avec notamment l’arrivée des pays émergeants dans le développement et le tourisme mondial !

Podcast de la conférence

Vidéo

Tourisme humanitaire, une contradiction ? - Conférence / Débat

Timing de la vidéo

  • 0'00'' - 5'40'' : Intro
  • 5'40'' - 29'01'' : Philippe Randin (Nouvelle Planète)
    Voyages d’entraide et d'échange, aspects positifs et bonnes pratiques
  • 29'02'' - 54'27'' : Emmanuelle Werner (Friends International)
    Pratiques de volontariat, arnaques, aspects négatifs et réactions
  • 54'28'' - 1h18'54'' : Isabelle Lejeune (Tourism for Help)
    Impacts du touriste, comment aider en voyageant mieux
  • 1h19'00'' - 1h55'18'' : Discussion et questions du public

Galerie photos