Exportation d'armes: le tour au Conseil national

Article politique
Le 6 mars, le Conseil national décide si l’ordonnance sur l’exportation du matériel de guerre doit être assouplie, ou pas. Le lobby suisse de l’armement menace de triompher de la volonté populaire.

La crise en Ukraine l’a montré une fois de plus: le danger que l’on tire sur des civils avec des armes suisses est grand. Le Seco a arrêté récemment l’exportation de matériel de guerre vers l’Ukraine.

Après un pic en 2012, les exportations d’armes ont diminué l’année passée, comme le montre la statistique publiée le 28 février par le Seco. En 2012, la Suisse a exporté du matériel de guerre pour environ 700 millions de francs. En 2013, par contre, c’était «seulement » 461 millions de francs. Ce qui est toujours nettement plus élevé que dans les années 90, avec une moyenne de 250 millions de francs.

Le lobby suisse de l’armement veut compenser la baisse de la demande des pays voisins européens par des exportations vers l’Arabie saoudite, le Pakistan et l’Egypte. Mais cela est interdit depuis 2008 par la clause sur les droits humains contenue dans l’ordonnance sur l’exportation d’armes. Une motion veut changer cela. En automne 2013, le Conseil des Etats a déjà donné son accord à la proposition du Conseil fédéral. Le 6 mars, la chambre basse va voter sur la motion.

Pour assouplir la motion se sont réunis à Berne les lobbyistes de l’industrie de l’armement. Ils se moquent de la tradition humanitaire, des droits humains, de paix et de démocratie de la Suisse - les porte-drapeaux de la politique extérieure de la Suisse. Au lieu de regretter la baisse de la demande d’armement sur le marché européen, la Suisse ferait mieux d’orienter son économie vers la production de biens civils qui ont de l’avenir et d’asseoir cela par des règles fortes. Au Conseil national de donner un signal dans ce sens le 6 mars.