Droits humains: la Suisse aux abonnés absents
Le processus de signature du protocole facultatif du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels sera ouvert le 24 septembre 2009 à New York. La Suisse brillera par son absence, car elle refuse de parapher ce document pourtant voté à l’unanimité par l’Assemblée générale de l’ONU. - Communiqué de presse
Le protocole facultatif du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels représente un énorme progrès en faveur de l’égalité de tous les droits humains. A l’avenir, tant des individus que des organisations pourront porter plainte devant un comité de l’ONU contre des violations de leurs droits économiques, sociaux et culturels, tels que les droits à l’alimentation, à l’éducation, au logement, aux soins de santé. A condition toutefois que leur pays ait signé et ratifié le protocole facultatif. Demain, lorsque le processus de signature de ce protocole débutera à New York, la Suisse brillera par son absence.
« Regrettable ! », c’est le terme employé par Daniel Bolomey, secrétaire général de la section suisse d’Amnesty International, pour qualifier cette absence. « La Suisse, qui a toujours fait partie des pays leaders pour tout ce qui touche à la défense et au développement des droits humains, perd de sa crédibilité en refusant de reconnaître les droits économiques, sociaux et culturels comme des droits humains à part entière. » Peter Niggli, directeur d'Alliance Sud, la communauté de travail des oeuvres d'entraide pour la politique de développement, souligne le manque de cohérence de la politique étrangère suisse : « Il est choquant et contradictoire que la Suisse cite l’engagement pour les droits humains comme l’un des buts importants de sa politique étrangère et critique volontiers d’autres pays à ce sujet, mais s'oppose en même temps au fait que toutes les personnes puissent porter plainte lorsque leurs droits sont violés. »
Aux yeux de la large coalition d’organisations (Amnesty International Section suisse, Alliance Sud, FIAN Suisse, Pain pour le prochain, Action de Carême, Swissaid, EPER, Caritas et Helvetas) qui se battent depuis des années en faveur d’un protocole facultatif, l’attitude de la Suisse est incompréhensible et décevante. « Nous allons continuer notre lutte, car nous ne voulons pas que notre pays perde toujours plus de terrain dans le domaine des droits humains », explique Tina Goethe de Swissaid.
Le communiqué de presse est signée par
Amnesty International Section suisse, Alliance Sud, FIAN Suisse,
Pain pour le prochain, Swissaid, Action de Carême, EPER, Caritas et Helvetas
Contact: Peter Niggli, directeur d'Alliance Sud, 031 390 93 30

