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Lutte contre la faim: la Suisse tergiverse

Publié le: 13. 11. 2009

Du 16 au 18 novembre se déroulera à Rome le 3e Sommet mondial de l’alimentation. Les chefs d’Etat et de gouvernement vont y chercher des solutions au problème croissant de la faim. Alliance Sud demande à la Suisse de s’engager contre la spéculation foncière et alimentaire et pour une agriculture paysanne. - Communiqué de presse du 13 novembre.

Du 16 au 18 novembre se déroulera à Rome le 3e Sommet mondial de l’alimentation, organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). Sous le titre « sécurité alimentaire », les chefs d’Etat et de gouvernement vont chercher des solutions au problème croissant de la faim. Le Conseil fédéral n’accorde pas la plus haute priorité à cette question et ne sera représenté que par l’administration. Les organisations d’entraide le déplorent. Les œuvres membres d’Alliance demandent au Conseil fédéral de s’engager de manière décidée contre la spéculation foncière et alimentaire et pour une agriculture paysanne.

Pour une agriculture de proximité

Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim et de la sous-alimentation dans le monde. Ce chiffre record est un scandale politique. La Suisse aussi doit s’engager au plan international pour un changement de cap dans la politique agricole. Car la seule augmentation de la production alimentaire avec davantage d’engrais et de pesticides ne suffira pas à vaincre la faim. En Inde, plus de 250 millions de personnes ont faim, malgré un excédent national de biens alimentaires qui sont en partie exportés.

« Ce n’est pas l’agro-industrie avec ses monocultures voraces en énergie qui peut résoudre le problème de la faim, mais la petite agriculture paysanne », déclare Tina Goethe de Swissaid. Le rapport sur l’agriculture mondiale élaboré par 400 scientifiques a montré clairement que cette forme d’agriculture est plus productive et moins gourmande en énergie que l’agro-industrie. « C’est pourquoi la Suisse doit cibler son aide sur l’agriculture écologique et multifonctionnelle », ajoute Goethe.

Non à la razzia sur les terres

Selon les organisations de développement, un point central est l’accès à la terre, la mise en œuvre de réformes rurales et la protection des droits fonciers, en particulier pour les femmes. Il convient de mettre un terme à la razzia sur les terres dans les pays en développement par des fonds d’investissement privés et étatiques. « Il est absurde que dans des pays affamés comme le Soudan ou l’Ethiopie – qui bénéficient de l’aide alimentaire internationale – des sociétés financières achètent ou louent des surfaces énormes afin de cultiver des fourrages pour l’étranger et des plantes pour les agrocarburants », estime Ester Wolf de Pain pour le prochain. « Cette “agropoly” massif est une menace supplémentaire pour la sécurité alimentaire. »

Renforcer les marchés locaux

Les organisations membres d’Alliance Sud attendent de la Suisse qu’elle s’engage davantage dans la lutte contre la spéculation sur les aliments. Les règles du commerce international doivent rendre possible la souveraineté alimentaire et garantir ainsi le droit à l’alimentation pour tous. « Il est important de renforcer la production indigène pour le marché local, national et régional, affirme Rosmarie Bär d’Alliance Sud. « Cela réduit la dépendance risquée des pays pauvres au marché mondial et réduit les émissions de CO2 .»

Dans une lettre au directeur de l’Office fédéral de l’agriculture, les organisations d’entraide exigent également que les fonds pour la lutte contre la faim transitent par le Comité de la FAO pour la sécurité alimentaire et non par la Banque mondiale, où les pays en développement concernés n’ont qu’un insuffisant pouvoir de décision.

Pour plus d'information:
Rosmarie Bär, Alliance Sud et membre de la délégation suisse
Tina Goethe, Swissaid, Tél. 076 516 59 57
Ester Wolf, Pain pour le prochain, Tél. 076 481 06 01

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