Le Conseil fédéral freine les négociations sur le climat
Sur la scène internationale, la Suisse aime se profiler comme une pionnière de la politique climatique. A l’intérieur, elle s’aligne plutôt sur le plus petit dénominateur commun des groupements d’intérêts économiques. Il en résulte une révision de la loi sur le CO2 timorée et inadéquate. – Communiqué de presse du 26 août 2009.
Le Conseil fédéral veut réduire les émissions de CO2 de 20% jusqu’en 2020, dont seulement la moitié en Suisse. Il entend réaliser l'autre moitié à travers l'achat de certificats d'émission à l'étranger. De fait, les émissions globales devraient commencer à baisser dans les dix prochaines années, si l’on veut maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2 degrés Celsius par rapport au niveau pré-industriel. Cela signifie que les pays industrialisés diminuent leurs émissions domestiques de 40% jusqu’en 2020, et pas seulement de 10% comme la Suisse. Les experts du Conseil de tous les gouvernements (y compris la Suisse) pour le climat l’affirment clairement : si l’on n’atteint pas cet objectif, les changements climatiques seront catastrophiques.
Le projet suisse de loi sur le CO2 ne fait pas avancer les négociations internationales en cours pour un nouvel accord sur le climat. D’abord, il n’est pas généralisable. Si tous les pays industrialisés emboîtaient le pas à la Suisse, il s’ensuivrait un réchauffement global de plus de 3 degrés. Le seuil critique de 2 degrés serait ainsi dépassé. Ensuite, il est inadéquat, car il ne permettra pas d’intégrer les grands pays émergents dans le nouvel accord. Ceux-ci exigent des pays industrialisés un fort engagement de réduction, avant de s’engager eux-mêmes.
Finalement, le projet du Conseil fédéral fait l’impasse sur des questions financières délicates. Les pays en développement souffrent le plus du réchauffement climatique, alors qu’ils y ont contribué le moins. Il en découle, au plan international, deux exigences financières incontestables. D’abord, les pays industrialisés doivent soutenir financièrement les pays les plus pauvres dans leurs efforts d’adaptation au réchauffement climatique. Ensuite, ils doivent aider les pays en développement à sortir des énergies fossiles par des transferts de technologie et d’autres mesures coûteuses. Le Conseil fédéral devrait aborder ces questions dans la loi sur le CO2 plutôt que de les esquiver.
Alliance Sud, la communauté de travail Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper pour les questions de politique de développement, va s’engager pour que le Parlement améliore substantiellement la loi sur le CO2. Elle agira avec l’Alliance pour une politique climatique responsable. L’objectif est que la Suisse promeuve la protection internationale du climat au lieu de la freiner, et qu’elle prenne en compte les revendications justifiées des pays en développement.
Pour des informations complémentaires:
Peter Niggli, directeur d'Alliance Sud
Tél. 031 390 93 30 ou 079 262 69 27

