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Rio+20: montrez-vous responsable, Madame Leuthard!

Publié le: 19. 06. 2012

La Conférence de l’ONU Rio+20 sur le développement durable commence demain mercredi au Brésil. Ce qui était conçu comme un Sommet visant à montrer l’urgence de la situation, se transforme de plus en plus en simple conférence ministérielle. Avec le désistement de dernière minute de la présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf, la Suisse a rejoint le groupe croissant des Etats dont les chefs ont décidé de rester à la maison. Cela revient de facto à rayer de la liste des priorités suisses le développement durable, qui aurait dû être revalorisé à Rio.

Malgré des semaines acharnées de prénégociations, les pays industrialisés et en développement n’ont pas réussi jusqu’ici à s’accorder sur une compréhension commune de l’« économie verte ». Réunis dans le G77, les pays en développement et émergents ainsi que la Chine ne sont disposés à prendre des engagements en matière de protection de l’environnement et du climat qu’à condition que les pays riches réalisent enfin les promesses faites il y a 20 ans.

A l’époque, ils s’étaient notamment engagés – selon le principe de « la responsabilité commune mais différenciée » – à rendre durables leurs modes de consommation et de production ainsi qu’à apporter un soutien financier et technologique aux pays pauvres dans leur conversion écologique. En n’accomplissant aucun de ses engagements, le Nord a perdu énormément de crédibilité – une pierre d’achoppement déterminante pour des négociations constructives à l’ONU.

De plus, les pays du Sud redoutent que les pays industrialisés n’utilisent l’« économie verte » de manière abusive, notamment en érigeant des tarifs douaniers sur les importations et en liant leur aide au développement à de nouvelles conditions.

Dans l’état actuel, suite aux dernières prénégociations, il est à craindre que Rio+20 ne constitue une régression par rapport aux accords du Sommet de la Terre de 1992. Il n’est pas exclu qu’il n’aboutisse à aucune déclaration commune.

La Suisse pourrait apporter une contribution importante pour que les pays industrialisés et en développement s’accordent quand même sur quelques mesures. Celles-ci seraient urgemment nécessaires pour sortir de la crise multiple et systémique dans laquelle le monde se trouve suite aux politiques non durables menées jusqu’ici.

Afin de rester crédible par rapport à son engagement pour un développement durable et donc de pouvoir jouer un rôle constructif à la conférence, la ministre de l’environnement Doris Leuthard devrait voyager à Rio avec des messages clairs. Elle devrait affirmer :

  • que la Suisse adhère toujours au principe de « la responsabilité commune mais différenciée » et qu’elle est prête, en conséquence, à assumer sa part dans l’aide financière et technologique aux pays du Sud;
  • que la Suisse va transformer de manière conséquente son mode de production et de consommation afin de ne plus dépasser son empreinte écologique. Aujourd’hui, la Suisse vit comme si elle avait quatre planètes à sa disposition, notamment parce qu’elle importe de nombreux biens qui ne sont pas produits de manière durable.


Informations complémentaires:

Nicole Werner, responsable de la politique environnementale et climatique à Alliance Sud, Tél. 076 430 94 88

Alliance Sud est représentée à Rio par Isolda Agazzi, membre de la délégation suisse.

Vous pouvez lire nos blogs quotidiens de Rio.

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