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Droit à l'eau: l'ONU fait du surplace

Publié le: 28. 03. 2008

Il y a une semaine, à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon priait la communauté internationale de reconnaître enfin le droit d'accès à l'eau et à l'assainissement pour tous les êtres humains. Mais aujourd’hui, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU n'a émis de signal clair en ce sens dans sa résolution. – Communiqué de presse du 28 mars 2008 de la Coordination suisse «L’eau comme bien public».

Tandis que la Suisse, l'Allemagne, l'Espagne et divers autres pays se sont engagés en faveur d’une résolution claire sur le droit d'accès à l'eau potable, des pays tels que les États-Unis, le Canada et l'Inde ont tout fait pour diluer et atténuer la résolution. Comme c’était déjà le cas jusqu’ici, plusieurs pays refusent de consacrer l’accès à l’eau potable comme un droit humain indépendant. Ils se contentent de signaler que les engagements en matière de droits humains sur le plan de l’eau et de l’assainissement figurent dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Le Conseil n’a pas nommé non plus de «rapporteur spécial» pour le droit à l’eau. Il sera uniquement fait appel à un «expert indépendant» chargé de dresser une liste des bonnes pratiques tirées des différents pays.

La résolution est d'autant plus décevante qu'elle se fonde sur un rapport portant sur le «droit à l'eau» rédigé l'automne dernier par le Haut-Commissariat aux droits de l'homme sur mandat du Conseil des droits de l'homme. L'une des principales conclusions de ce rapport est qu'il est temps de reconnaître le droit à l’eau potable comme un droit humain.

Les organisations réunies dans la Coordination suisse «L'eau comme bien public» se disent très préoccupées des conséquences sociales de la résolution. Ce petit pas hésitant du Conseil des droits de l'homme fait une fois de plus perdre un temps précieux, «un temps qui va manquer aux milliers d'êtres humains, des enfants surtout, qui meurent quotidiennement parce qu’ils consomment de l'eau souillée», souligne Rosmarie Bär d’Alliance Sud.

Bruno Riesen d’Amnesty International voit le seul point réjouissant de ces développements dans le rôle actif et l'attitude positive de la Suisse pendant les négociations. «Nous espérons que la Suisse, après la retenue dont elle a fait preuve ces dernières années, continuera de s'engager activement pour consacrer l’accès au précieux liquide comme droit humain.» Il s’agit là d’une exigence que la Coordination formule depuis longtemps.

Contact: Rosmarie Bär

 

Les organisations et institutions suivantes sont membres de la Coordination suisse «L'eau comme bien public»: Alliance Sud, Amnesty International, Associazione consumatrici della Svizzera italiana, Attac Suisse, Attac Bienne, ChristNet, Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), Fondation Suisse Greina, Greenpeace, Helvetas, Incomindios, Médecins en faveur de l'environnement, Réseau œcuménique de l’eau Genève, Syndicat des services publics (SSP), Union suisse des paysans     

   

Classification: Démocratie , Eau
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L'eau comme bien public

La Coordination suisse «L'eau comme bien public» s’engage pour une politique durable de l’eau et pour le droit à l’eau comme droit humain.

Sont membres: Alliance Sud (secrétariat), Amnesty International, Associazione consumatrici della Svizzera italiana, Attac Suisse, ChristNet, Fondation Suisse Greina, Helvetas, Incomindios, Médecins en faveur de l'environnement, Syndicat des services publics (SSP), Union suisse des paysans (USP).

Contact: Nicole Werner, Alliance Sud

Prise de position:
Pour une politique durable de l'eau dans l'intérêt public (pdf, 96kU)

 
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