Combattre efficacement la faim dans le monde

Communiqué
Malgré une production suffisante de denrées alimentaires, 800 millions souffrent toujours et encore de la faim. L’initiative contre la spéculation alimentaire propose des mesures contre ce scandale.

Communiqué de presse de Swissaid, Pain pour le prochain et Alliance Sud du 28 janvier 2016

Malgré une production suffisante de denrées alimentaires, 800 millions de personnes souffrent toujours et encore de la faim. Afin de lutter avec efficacité contre ce scandale, il faut prendre des mesures comme par exemple l’initiative contre la spéculation alimentaire (votée le 28 février) en propose. Des ONGs telles que SWISSAID, Alliance Sud et Pain pour le prochain sont arrivées à la même conclusion, ce jeudi, lors d’une conférence de presse, durant laquelle elles informaient sur l’état de la lutte contre la faim dans le monde.
 
A travers le monde, plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim, dont 780 millions provenant de pays en développement. Et ce malgré une production de nourriture qui serait suffisante pour nourrir la terre entière. Les chiffres de la FAO montrent en effet que durant l’année 1961, 261 kg de nourriture étaient produits par personne alors qu’en 2011 il s’agissait de 336 kg. Pourtant, les prix n’ont pas cessé d’augmenter depuis les années 2000. En plus des augmentations des denrées de base, les prix étaient soumis à des augmentations et des baisses parfois très brusques. Ces tendances de prix très instables ont finalement mené à une explosion des prix en 2008 puis en 2011/2012, qui ont précipité de nombreux pays en voie de développement dans un état de nécessité insoutenable et souvent même à une déstabilisation politique par des émeutes de la faim.

La spéculation alimentaire a participé à l’augmentation de ces instabilités de prix et a ainsi amplifié les problèmes des pays en voie de développement. L’UE et les Etats-Unis ont reconnu ces faits et, en conséquence, se sont prononcés pour restreindre la spéculation financière. La Suisse, elle, ne l’a pas fait. «Le conseil fédéral a manqué sa chance de prendre les mesures nécessaires par lui-même; c’est pourquoi l’initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires est la seule alternative politique possible» dit Mark Herkenrath, membre du comité directeur d’Alliance Sud.

La lutte contre la faim sera encore un sujet extrêmement important pour la communauté internationale. C’est un des buts majeurs des 17 objectifs de développement (Sustainable Développent Goals - SDG) de l’agenda 2030, entré en vigueur en 2016. Le But numéro 2 est en effet de rayer la faim d’ici à 2030 de la planète. À côté de mesures telles que l’investissement dans le développement des zones rurales, l’ONU exige aussi des mesures pour endiguer la volatilité des prix des aliments, incontrôlable pour l’heure.

C’est justement ces variations de prix que la plupart des personnes des pays en développement ne peuvent pas supporter. «Lorsque vous dépensez près de 80% de votre budget en aliments, même la plus petite augmentation des prix va vous précipiter en sous-nutrition» explique Catherine Morand de SWISSAID. Tina Goethe de Pain pour le prochain complète: «même si la Suisse ne peut pas régler à elle seule le problème de la spéculation alimentaire, elle porte une grande responsabilité, car dans le marché des matières premières alimentaires la Suisse est une grande puissance, tout comme dans le domaine agraire. L’initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires apporte une grande aide afin de corriger la politique mal orientée».

Pour plus d'informations :
Catherine Morand, SWISSAID, 078 707 26 04
Mark Herkenrath, Alliance Sud; 078 699 58 66
Tina Goethe, Brot für alle; 076 516 59 57

Downloads:
Le scandale de la faim dans le monde – que faire ?, de Catherine Morand
Hunger und die Agenda 2030 für die nachhaltige Entwicklung, de Mark Herkenrath
Die Schweiz trägt Verantwortung, de Tina Goethe