Le riz

Rizière, Vietnam
Rizière, Vietnam
8.4.2020
E-Dossier
A l'heure du réchauffement climatique, le riz - qui nourrit la moitié de la planète - est devenu un enjeu majeur pour nombre de pays qui en dépendent.

Présent sur tous les continents, le riz se compte en dizaines de milliers de variétés. Cette plante s'adapte à tous les climats. Elle représente bien plus qu'une ressource alimentaire.

Les paysages varient selon la riziculture pratiquée (riz inondé, riz irrigué ou encore riz pluvial). Le riz est en quelque sorte une plante « totalitaire » car la vie sociale et économique est entièrement dominée par les activités liées à sa culture. Par la multiplicité des tâches qu'elle nécessite, la culture du riz impose des pratiques collectives, notamment lorsque la mécanisation est peu présente.

« Si le riz est cultivé dans une centaine de pays des quatre coins du monde, 90% de sa production viennent toujours d'Asie, sa terre d'origine. Or la production de riz sur ce continent sert principalement à l'autosubsistance, c'est-à-dire qu'elle est destinée avant tout à la consommation locale. » (source)

Le riz est décidément une affaire asiatique puisque parmi les 10 principaux pays consommateurs, seul un pays n’est pas asiatique (Brésil). Les 5 principaux pays consommateurs sont dans l’ordre : la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Bangladesh et le Vietnam (Etude du marché du riz, Lilian Bousta… [et al.], chiffres 2016/17, source, pdf 7.5 Mo)

S'agissant des exportations, l'Asie tient encore le haut du pavé : l’Inde, la Thaïlande et le Vietnam occupent respectivement les trois premiers rangs. Ils contribuent à plus de 50% des exportations totales. La Chine et l’Arabie Saoudite forment les deux principaux importateurs de riz de la planète. (Observatory of Economic Complexity, Rice).

La diminution progressive des surfaces de terres arables sous les coups de butoir de la mondialisation – notamment en Chine, premier producteur et consommateur de riz – amène de nombreux pays à chercher de nouvelles terres. Toutes les céréales sont concernées.

Riz hybride chinois ou riz NERICA (pour « New Rice for Africa ») mis au point par le Centre africain du riz, ces riz ont en commun le fait d'être des « riz propriétaires » : en d'autres termes, les producteurs doivent racheter les semences tous les ans (voir colonne droite).
Rendement accru mais également nouvelle(s) propriété(s) curative(s), tout est bon pour justifier l'émergence de riz OGM : lutter contre la carence en vitamine A ou soulager l'hypertension, tout cela en mangeant du riz transgénique. Ces variétés de riz sont vivement contestées, notamment par la Via Campesina, mouvement international qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles, de femmes rurales, de communautés indigènes d'Asie, des Amériques, d'Europe et d'Afrique.

En Asie, d'où provient 90% de la production mondiale, la culture est imprégnée par le riz, qui est omniprésent dans la vie quotidienne, comme dans les pratiques religieuses. En Thaïlande, au Laos et au Vietnam, "manger du riz" est synonyme de "manger", et "Avez-vous mangé du riz aujourd'hui?" signifie "Comment allez-vous?"

Dans un tel contexte d'amélioration de la productivité par l'usage de semences hybrides, d'intrants et de mécanisation, reste-t-il une place pour les « petits producteurs » ? De quel riz et de quels riziculteurs sera fait demain ?