L'énergie nucléaire : introduction

Chapitre de E-Dossier
Le douloureux anniversaire de la catastrophe de Fukushima et les soubresauts de la politique énergétique suisse posent une série de questions sur l'avenir de notre modèle de développement.

Le débat ne fait que commencer. Comme le soulignait Alain Dupraz dans un article de l'Echo magazine (15 mars 2012), « notre société est axée sur la croissance de l'économie, qui est intimement liée à celle de l'énergie. »

Renoncer à l'énergie nucléaire, soit ! Mais si cela signifie remplacer ce manque par le gaz et le charbon, voire importer du courant d'origine nucléaire de chez nos voisins, ce n'est pas une solution. Les statistiques de consommation d'électricité concernant la Suisse démontrent à quel point le chemin à parcourir est encore long.

Il n'en reste pas moins que la catastrophe de Fukushima a marqué les esprits. Qu'il s'agisse de l'opinion publique ou des gouvernements, un pas de retrait a été fait.

Malgré cela, de nombreux pays du Sud et notamment les géants émergents ne se résolvent pas à tourner la page.

La bataille féroce qui se déroule pour le contrôle de l'uranium, le cours du métal jaune en constante progression, même si celui-ci n'est pas resté indifférent à la catastrophe japonaise, indiquent que la question énergétique est loin d'être close.

L'insoluble question des déchets dangereux, la très sensible question de la sécurité – le Japon n'est pas à proprement parler un régime autocratique et sous-développé techniquement – rendent le sujet de l'énergie nucléaire très controversé.

Comme nous le rappelle Shigeko Fukai, professeur aux universités Chiba University et Okoyama University (Japon), « sortir du nucléaire n'est pas suffisant. Il faut un débat plus au fond sur les causes structurelles de la crise énergétique et la soutenabilité de l'ordre économique mondial auquel ont conduit la mondialisation du système dispendieux de la production et de la consommation de masse. Il faut que les pays développés mettent en œuvre une réduction substantielle de leur consommation d'énergie et des autres ressources pour que les pays en développement développent leurs économies sans dépasser la capacité de la terre à supporter la vie. Une telle réduction nécessitera des changements radicaux dans notre mode de vie, notre système économique et dans les valeurs. » (Informations et commentaires, Université de Lyon, no 157, déc. 2011)