Les Femmes

3.3.2020
E-Dossier
Par le biais des questions de genre, ce dossier fait le point sur les principaux problèmes auxquels les femmes sont confrontées partout dans le monde.

Dans le monde entier, les conditions dans lesquelles évoluent les femmes et les hommes ne sont pas égales. Dans certains pays, ils ne sont pas égaux en droit ; dans d’autres pays, ils sont égaux en droit, mais pas en fait. Partout dans le monde, et ceci malgré les actions de mouvements féministes, la domination masculine est de mise et les droits des femmes sont régulièrement bafoués.

Le féminisme et la notion de genre

Le féminisme est un mouvement dont le but est de promouvoir et atteindre l'égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. C’est un mouvement global mais qui varie selon l'histoire, la culture, la religion et la situation économique et politique. (Lexique: les différentes notions du féminisme - RTS)

On peut distinguer deux courants principaux, le différentialisme et l’égalitarisme. Pour le premier courant, il s’agit d’affirmer une différence de nature entre les hommes et les femmes et de lutter pour que ces dernières obtiennent une place plus importante dans la société, voire obtiennent le pouvoir. Les tenants du second courant, à l’origine de la notion de genre, considèrent que les différences femmes-hommes sont en fait des pures constructions culturelles et qu’elles ne sauraient légitimer aucune différence de traitement.

Si le second courant a dominé la scène ces dernières années et s’est même imposé dans le discours officiel de l’ONU, le débat est aujourd’hui relancé entre les tenants du « tout biologique » et ceux du « tout culturel » et certains acquis du féminisme égalitariste sont ainsi remis en question au nom de la complémentarité hommes-femmes. Devant les impasses théoriques impliquées par la dichotomie rigide nature/culture, de nouvelles conceptions post-féministes apparaissent, comme par exemple la théorie anglo-saxonne queer qui éclate totalement la notion de genre.

Parallèlement, la question de la masculinité a souvent été et reste encore un objet sous-traité par les études de genre, laissant le champ libre aux discours anti-féministes et masculinistes, parfois extrémistes (« crise de la masculinité », Incels, Angry white men, etc.) qui ressurgissent à chaque sursaut des luttes féministes organisées.

Genre et développement

Le bien-être des femmes, en plus d'être une exigence en termes de droits individuels, va de pair avec celui de la société dans son ensemble, non seulement si l'on considère les femmes en tant que mères mais aussi si l'on prend conscience qu'un groupe qui constitue la moitié de l'humanité représente une part essentielle dans le développement économique d'un pays. C’est pourquoi un des 17 objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 de l’ONU vise à « Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles » (ODD 5).

L’élévation du niveau d’éducation des filles a une incidence directe sur le revenu et le bien-être des familles et représente la clé du développement d’un pays. Une femme éduquée sera plus à même d’exercer une activité rémunérée, de prendre soin de sa santé (notamment reproductive), de scolariser ses enfants et de combattre la malnutrition.

Environ trois quarts des pauvres à travers le monde vivent dans les zones rurales. Parmi eux, les femmes constituent un groupe particulièrement vulnérable et pourtant stratégique pour le développement économique et social. Investir au profit des femmes rurales ne répond alors plus seulement à un impératif moral; cela contribue aussi à définir une stratégie prometteuse en matière de lutte contre la pauvreté et contre la faim.

Les femmes représentent aujourd’hui près de la moitié des migrants internationaux dans le monde. Travaillant loin de leurs pays et dans des conditions souvent pénibles, elles parviennent à envoyer une grosse partie de leur salaire dans leurs foyers et communautés pour nourrir et éduquer les enfants, fournir des soins de santé, construire des maisons, améliorer en somme le niveau de vie des familles restées au pays.

Les femmes sont également en première ligne face au réchauffement climatique. Elles ont 14 fois plus de risque de mourir lors de catastrophes climatiques et subissent au quotidien ces effets, particulièrement dans les pays en développement.

Certaines voix critiquent l’instrumentalisation du genre par certains acteurs ou gouvernements, qui l’utilisent dans le but de masquer d’autres formes de domination (colonialisme, impérialisme, etc) et portent de fait préjudice à l’émancipation visée.

Violences envers les femmes

Les femmes subissent des violences dans la sphère privée de la famille mais également dans la communauté entière. Dans la société, les femmes subissent viols, traite, prostitution forcée, pornographie, humiliations.
Dans leur propre foyer, elles sont victimes de coups, de viol, d'inceste, de pratiques traditionnelles violentes, y compris les meurtres d'honneur, les crimes liés à la dot, les mutilations génitales, les mariages précoces, la préférence pour les fils et l'avortement des filles. Dans certains pays, ces pratiques traditionnelles entraînent un déséquilibre démographique qui se chiffre en millions.

Réveil du féminisme

Malgré certains changements actés au niveau législatif, dans la pratique, le patriarcat subsiste à de nombreux niveaux, y compris dans les pays où les mouvements féministes ont obtenu le plus de victoires :

  • l’égalité salariale et la parité dans les sphères dirigeantes de la politique et de l’économie sont loin d’être réalisées ;
  • depuis les années 60-70, les luttes féministes étaient parvenues à faire reconnaître la légitimité du contrôle du corps des femmes par les femmes (droit à l’avortement, féminicides, impunité des prédateurs sexuels, etc.), mais ces acquis sont remis en question aujourd’hui dans certaines régions du monde.
  • ces violences réitérées, physiques ou symboliques, envers les femmes et ce déficit de reconnaissance des femmes en tant que sujets au même titre que les hommes ont récemment déclenché plusieurs mouvements féministes de masse dans le monde : #metoo, manifestations contre les féminicides en Amérique latine, grève des femmes en Suisse, etc.