Les paysans : introduction

Chapitre de E-Dossier
Malbouffe, guerre des prix, rupture entre consommateur et producteur, surproduction, gaspillage, pollution, assèchement des nappes phréatiques, disparition des paysans : un bilan alarmant pour l'agriculture industrielle.

Une fois n'est pas coutume, ce dossier prend le parti de relever les travers d'une agriculture dont tous les échelons sont aux mains de grandes multinationales. Le temps est à la lutte, au retour des paysans, des fours à pain et d'une agriculture familiale.

Comment nourrir neuf milliards d'humains en 2050? L'agriculture bio peut-elle le faire? Faut-il une nouvelle révolution verte? Ou plutôt une renaissance verte? L'agriculture peut-elle se passer de la technique et des OGM? Les questions pleuvent, les échanges entre experts sont vifs, l'agriculture ou plutôt les produits agricoles sont au coeur des marchés.

Et au milieu de ce débat, perdus, oubliés, vivent chichement quelques milliards de paysans. Et quoi qu'en disent les CEO de l'agriculture industrielle, ce sont eux, les petits paysans, qui continuent à nourrir l'humanité.

Qu'on cesse de leur voler leurs terres, leurs droits et leurs semences, et leurs conditions de vie seront déjà grandement améliorées. Qu'on reconnaisse le droit des peuples et des Etats à choisir leur politique agricole, à déterminer ce qui doit pousser dans leurs champs, et l'agriculture mondiale ressemblera déjà moins à une roulette incessante où les produits agricoles ne cessent de voyager et de se perdre. Qu'on prenne acte qu'une grande partie des paysans sont des paysannes, des femmes sur qui reposent souvent les tâches ingrates mais qui sont des acteurs incontournables de la bonne marche de l'agriculture.

Et surtout qu'on fasse en sorte de payer le prix juste, qu'on rétablisse une hiérarchie de valeur, le lait, les légumes, les protéines sont plus importants que des produits électroniques, l'employé agricole ne doit pas être payé trois fois moins qu'un documentaliste, 10 fois moins qu'un fiduciaire. Cessons de vouloir économiser 10 centimes par litre de lait et d'ensuite vilipender ce paysan vivant des subventions. Mangeons moins de viande de l'élevage industriel, privilégions des produits respectueux de l'animal et de l'éleveur.

NON, l'agriculture industrielle, intensive, de monoculture ne nourrira pas l'humanité. Elle détruira la paysannerie, la terre et les liens sociaux.  Réduisons les échelles, redonnons chance à une agriculture familiale, favorisons les coopératives et l'agriculture urbaine et la vente directe, ce qui n'empêche bien évidemment pas d'échanger les produits sur les marchés, comme les paysans l'ont toujours fait. Mais sans les faire transiter par les quatre coins du monde. 

Les paysans sont inventifs et combatifs. Ce sont eux qui nous nourrissent. Leur faire confiance et leur donner des clés pour réussir leur métier est un gage d'avenir.