Pour s’informer, le réflexe Internet ?

Pénétration de l'accès à Internet par régions du monde.
Pénétration de l'accès à Internet par régions du monde.
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L’accès à Internet a indubitablement explosé dans le monde entier au cours de la dernière décennie. Les disparités restent pourtant bien présentes.

En 2007, le premier smartphone sort sur le marché. En 2017, le cap des 4 milliards de personnes ayant accès à Internet est atteint : plus de la moitié de la population mondiale. Le rapport « Digital in 2018 », réalisé par Simon Kemp et édité par We are social et Hootsuite, détaille la répartition et les modes d’accès au web à travers le monde.

En Afrique, seuls 34% de la population a la possibilité de consulter Internet. Comme le montre la carte ci-jointe, ils sont pourtant seulement 12% dans la région d’Afrique centrale. Il s’agit là pourtant de la plus grande évolution mondiale en 2017 : pas moins de 20% d’utilisateurs en plus. Le téléphone mobile joue ici un rôle central. Désormais, 82% de la population africaine en possède et malgré que la majorité des appareils ne soient pas des smartphones connectés, le taux d’accès à Internet via mobile y est le plus élevé du monde. Le Kenya et le Nigeria pointent en tête avec 83% et 81% de navigation via téléphone devant l’Inde 3e avec 79%, alors que par exemple les USA, les philippines et l’Allemagne ne sont qu’à 41%, 39% et 37%. Notons au passage que la moyenne mondiale à 52% fait bel et bien passer le bon vieil ordinateur au second plan !

Ces chiffres sont à observer avec prudence, car ils cachent de grandes disparités et différences d’utilisation entre les pays. On apprend par exemple, que le taux de pénétration d’Internet en Erythrée est de 1%, 4% au Niger, 5% en République centrafricaine, 7% à Madagascar, et 0.06% en Corée du Nord. À l’inverse, le Qatar, les Emirats arabes unis et le Koweit se targuent d’un taux de 99%, alors que l’Europe du Nord est à 94% et l’Europe de l’Ouest à 90%, ce dernier taux rappelant que 10% de nos compatriotes en sont exclus. 

On peut également réfléchir au fait que l’accès n’est pas le même partout. Si la Suisse propose une vitesse de connexion moyenne sur le réseau fixe de 78.9 Mbps (l’occident se trouvant globalement entre 50 et 90 Mbps et Singapour pointant à 161.2), l’Algérie n’offre que 3.5 Mbps. Des pays comme le Vénézuela, la Libye, le Liban, l’Egypte, la Bolivie sont tous en-dessous des 6 Mbps de moyenne. L’accès aux contenus, par exemple aux vidéos, est ainsi tout relatif, la consommation étant forcément différente et bien plus limitée que ce que l’on peut connaître en Suisse.

Un dernier chiffre relativise encore cet accès amélioré dans une grande partie du monde : il s’agit des contenus, et plus spécifiquement de leur langue. 51.2% des contenus publiés en ligne le sont en anglais. Le russe est positionné en 2e avec 6.8%, suivi de près par l’allemand, le japonais, l’espagnol, puis le français, le chinois (mandarin) n’arrivant que 9e avec 2% alors qu’il est de très loin la langue la plus parlée au monde. Les contenus disponibles dans les nombreuses langues locales, notamment en Afrique et en Asie, sont ainsi très limités.

Ce ne sont là que quelques chiffres puisés dans ce rapport abordant d’autres domaines comme les réseaux sociaux ou détaillant la situation individuelle de chaque pays. Entièrement sous forme d’infographies, il est très attractif, mais aussi plus volumineux : pas un problème pour nous, mais un collègue égyptien aura peut-être plus de mal à y accéder !

Simon Kemp, Digital in 2018, We are social / Hootsuite, 2018.
www.wearesocial.com/blog/2018/01/global-digital-report-2018