Pour un libre accès aux semences !

Octavio Sanchez Escoto
Octavio Sanchez Escoto
Événement
19 mars 2020, 18h30 - Octavio Sanchez Escoto (Honduras), hôte de la campagne œcuménique 2020, Michelle Zufferey et Joël Vuagniaux exposeront les actions de la société civile qui résiste au Nord et au Sud...

En collaboration avec la campagne œcuménique voir-et-agir.ch

Date, heure : 19 mars 2020  à 18h30

Lieu : Alliance Sud InfoDoc, Av. de Cour 1, 1007 Lausanne.

Inscriptions : Événement gratuit. Suivi d'un apéritif.  Inscriptions bienvenues à [email protected] ou au 021 612 00 86.

Conférencier-ère-s :

  • Octavio Sanchez Escoto est l'hôte de la campagne œcuménique 2020. Il a 62 ans, ce qui est - selon lui - un miracle dans son pays le Honduras en Amérique centrale.  C’est un pays riche en ressources naturelles, mais secoué par des crises politiques récurrentes, une pauvreté souvent en lien avec l’injustice et la corruption et un taux de criminalité parmi les plus hauts du monde. Une grande partie de la population vit de l’agriculture familiale. Octavio est père de deux enfants de 25 et 29 ans et réside aujourd’hui à Tegucigalpa. Il vient d'une petite ville au centre du Honduras où l'activité principale de chaque famille est la production de céréales, de café et l’élevage de petit bétail. Il grandit au sein d’une famille paysanne et est l’aîné de 5 enfants. À l'âge de 12 ans, il quitte sa communauté pour poursuivre des études dans le cadre d'un programme de bourses d'État. Diplômé en agronomie, il débute comme vulgarisateur agricole et professeur à l'École nationale d'agriculture.
  • Michelle Zufferey, ethnologue et secrétaire syndicale à Uniterre
  • Joël Vuagniaux, paysan permaculteur et consultant, Ressources

Introduction :

Alors même que les semences et les savoirs traditionnels ont toujours été garants d’une alimentation et d’une agriculture écologiques et diversifiées, le travail de sélection accompli par les familles paysannes se voit aujourd’hui menacé. En effet, les grands semenciers et les accords de libre-échange exigent l’adoption d’une législation draconienne relative aux semences et aux obtentions végétales afin d’assurer l’essor de variétés à haut rendement, ce qui empêcherait les paysans et paysannes d’échanger et de vendre leurs semences.

Lors de la négociation d’accords de libre-échange avec les pays du Sud, la Suisse impose systématiquement l’adoption de normes radicales de protection des obtentions végétales. Ce fut notamment le cas en 2018, lors de la conclusion d’un accord avec l’Indonésie ou dans le cadre des négociations avec la Malaisie. Ces pays doivent s’appuyer sur la Convention internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV 91), qui interdit aux paysans et paysannes de vendre et d’échanger des variétés protégées et restreint leur droit à réutiliser des semences de certaines variétés issues de leurs propres récoltes, cela au profit de l’agro-industrie.

En constatant les limites de l’agriculture industrielle enseignée à l’université, Octavio Sanchez Escoto s’intéresse à l’agroécologie et intègre un groupe qui, en 1996, créera ANAFAE – un réseau de promotion de l’agroécologie et de la souveraineté alimentaire. Il y assurera d’abord la fonction de coordinateur national avant de devenir directeur en 2009. ANAFAE travaille à partir d’une approche basée sur la souveraineté alimentaire, le droit à l'alimentation, à l'eau, aux semences et fondamentalement au droit à une vie digne. L’organisation donne des formations en agroécologie, forme les jeunes dans les milieux ruraux et s’engage au niveau politique. Octavio coordonne actuellement des campagnes afin d’informer le public au Honduras sur les enjeux liés à l’accès aux semences. Avec d’autres partenaires, il a déposé une plainte pour non-respect de la Constitution contre la loi « Monsanto », qui restreint l’accès des paysans et paysannes aux semences.

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