Climat: l’urgence de l’action se confirme

IPCC Klimawandel Kilmapolitik
30.9.2013
Article politique
Le réchauffement climatique global fait augmenter le niveau des mers de manière bien plus rapide que ce qui avait été admis jusqu’à présent. C’est l’un des résultats publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)

Une menace supplémentaire notable est l’acidification des mers. Par rapport au quatrième rapport du GIEC en 2007, la plupart des conclusions ne sont pas fondamentalement nouvelles. Elles confirment à nouveau clairement que les émissions de gaz à effet de serre modifient radicalement le climat. Même si les températures ont moins augmenté durant ces quinze dernières années que ne le laissaient entendre les pronostics précédents, les changements climatiques se poursuivent. Cette évolution  signifie uniquement que le système climatique global est complexe et fragile et n’est pas encore compris dans son ensemble, ce qui demande de poursuivre les recherches. Mais les changements climatiques sont bien présents et ne pourront être contenus que par une réduction massive des rejets de gaz à effet de serre. Ce nouveau rapport coupe encore un peu plus l’herbe sous les pieds des climato-sceptiques.

Pour la cinquième fois, et de manière encore plus claire, le GIEC montre que l’être humain est responsable des changements climatiques. C’est maintenant au monde politique de prendre des décisions à la mesure des enjeux. En Suisse, il convient de promouvoir la transition énergétique en favorisant fortement les énergies renouvelables et en renonçant à la construction de nouvelles centrales à gaz. Le Conseil fédéral doit maintenant agir en fonction des preuves scientifiques et augmenter son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20 à 40 pour cent (des valeurs de 1990) jusqu’en 2020. Toute autre politique serait irrationnelle et ne tiendrait pas compte des conclusions scientifiques.

La menace de l’augmentation du niveau des océans est plus grande que ce que prévoyait le GIEC il y a six ans. Les chercheurs comptent avec une élévation d’environ un mètre jusqu’à la fin du siècle. Les Etats situés à faible altitude comme le Bangladesh ou certaines îles sont particulièrement exposés. Certains seront complètement engloutis par les flots. Pour ne parler que du Bangladesh, plus de trente millions de personnes seraient touchées. Une catastrophe humanitaire de grande ampleur est à prévoir si les victimes ne quittent pas seulement leurs pays, mais le perdent sans espoir de retour.

La Suisse a une grande responsabilité internationale, car elle est l'un des pays les plus riches du monde qui émet proportionnellement de grandes quantités de gaz à effet de serre. La politique climatique extérieure ne doit pas rester un dossier secondaire du Conseil fédéral qu’il délègue à la DDC et au Seco. Le gouvernement et le parlement doivent maintenant se préoccuper davantage des réfugiés climatiques et de l’adaptation aux changements climatiques dans les pays particulièrement touchés. Les acteurs politiques doivent trouver de nouvelles sources de financement pour des mesures climatiques à mettre en place dans les pays en développement. Une taxe sur les billets d’avion serait un premier pas.