China Cables : Suspendre l'ALE avec la Chine !

A Hotan, ville dans la province chinoise Xinjiang.
Communiqué
Tant que les camps de détention du Turkestan oriental (Xinjiang) ne sont pas fermés, l'accord de libre-échange avec la Chine doit être suspendu. C'est ce que demandent la Société pour les peuples menacés, Alliance Sud et Public Eye.

Communiqué de presse de la Société pour les peuples menacés, d'Alliance Sud et de Public Eye du 4 décembre 2019

La Société pour les peuples menacés, Alliance Sud et Public Eye demandent la suspension de l’accord de libre-échange avec la Chine, tant que les camps de détention des Ouighours au Turkestan oriental (Xinjiang) ne sont pas fermés. Une motion dans ce sens est déposée aujourd’hui au Conseil national par Fabian Molina (PS/ZH).

Les China Cables ont apporté la preuve irréfutable de l’existence de camps d’internement, où 1 – 3 millions Ouighours sont enfermés et en partie soumis au travail forcé. A Berne, la semaine passée, Dolkun Isa, le président du Congrès mondial ouighour, a invité la Suisse à « faire quelque chose » en raison de ses bonnes relations économiques avec Pékin, à commencer par l’accord de libre-échange que la Suisse a conclu en 2013.

Compte tenu de la grave crise des droits humains dans la région du Turkestan oriental (Xinjiang) la Société pour les peuples menacés, Alliance Sud et Public Eye demandent à la Suisse de :

  1. suspendre l’accord de libre-échange avec la Chine tant que les camps des Ouighours n’ont pas été fermés. Le risque est trop grand que des produits issus du travail forcé, arrivent sur le marché helvétique et bénéficient également de privilèges douaniers dans le cadre de l’accord de libre-échange. Aujourd’hui, le député Fabian Molina (PS/ZH) déposera au parlement une motion qui demande de suspendre l’accord de libre-échange tant que les camps ne sont pas fermés et que la Haut-commissaire des Nations Unies aux droits humains et les procédures spéciales de l’ONU n’ont pas libre accès au Xinjiang – une recommandation exprimée par la Suisse elle-même lors de l’Examen périodique universel de la Chine en 2018.
  2. demander aux entreprises suisses d’exercer une diligence raisonnable, c’est-à-dire garantir qu’elles ont pris toutes les mesures nécessaires pour éviter de violer les droits humains. Le site d’information China File a recensé 68 groupes européens présentes au Xinjiang, dont plusieurs suisses: ABB, Chubb, Nestlé, Louis Dreyfus, Roche, Novartis, UBS, SwissRe.
  3. suspendre le protocole d’entente sur les Nouvelles routes de la soie, signé en avril passé, qui prévoit une collaboration entre les deux pays pour soutenir leurs entreprises dans la construction d’infrastructures dans les pays tiers, surtout en Asie centrale.
  4. prendre des mesures concrètes pour que les Ouïghours ne soient pas surveillés ou intimidés en Suisse.

Du point de vue des trois organisations, ces mesures sont nécessaires afin d’éviter que la Suisse et les entreprises suisses ne deviennent indirectement complices de graves violations des droits humains au Xinjiang. L’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), qui a publié les China Cables parle de la pire incarcération massive d’une minorité ethnique et religieuse depuis la Seconde Guerre mondiale.

Pour plus d'informations:
Angela Mattli, Société pour les peuples menacés, 079 378 54 30
Isolda Agazzi, Dossier commerce et investissements, Alliance Sud, 079 434 45 60
Thomas Braunschweig, responsable du dossier commerce, Public Eye, 044 277 79 11