Oui à l'Initiative le 29 novembre !

2.11.2020
Communiqué
Les initiants de l'IMR ont présenté leurs arguments à Berne. Ils exigent une évidence : si les entreprises basées en Suisse violent les droits humains et les normes environnementales à l'étranger, elles doivent répondre des dommages causés.

Communiqué de presse de l'initiative multinationales responsables du 2 novembre 2020

Oui à l'initiative multinationales responsable le 29 novembre

Les initiant-e-s de l’initiative pour des multinationales responsables ont présenté leurs arguments aujourd’hui à Berne. Celle-ci  vise une évidence : les multinationales ayant leur siège en Suisse doivent être tenues de respecter les droits humains et les standards environnementaux internationaux, également à l’étranger. Si elles ne le font pas, elles doivent répondre des dommages causés.

Dans la ville péruvienne de Cerro de Pasco, l’eau, les sols et l’air sont contaminés. Glencore, le géant des matières premières zougois, y contrôle la société minière Volcan, qui fait partie des plus gros producteurs mondiaux de zinc, de plomb et d’argent. Mandatée en 2019 par le fonds souverain norvégien, la fondation « Climate Crime Analysis Center » a enquêté sur place en procédant à l’analyse de cheveux et d’images satellites. Dans sa conclusion, elle affirme que la charge élevée de métaux lourds issus de l’extraction minière est responsable des nombreux dommages à la santé subis par la population et de la pollution extrême de l’environnement. Les scientifiques ont en outre pu prouver que la charge en plomb chez les enfants s’est encore aggravée davantage depuis la reprise de la mine par Glencore.

Cet exemple est représentatif des violations des droits humains et des dommages environnementaux récurrents causés par quelques multinationales ayant leur siège en Suisse. Avec l’initiative pour des multinationales responsables, Glencore serait tenue de prendre des mesures contre cette pollution. Et les personnes lésées à Cerro de Pasco pourraient demander réparation ici en Suisse.

Une évidence au service des êtres humains sur place
Dick Marty, co-président du comité d’initiative, explique : « Notre initiative vise une évidence. Devoir assumer une responsabilité pour ses agissements est un principe fondamental de notre société et de notre État de droit. Quiconque cause un dommage doit répondre de ses actes. »

Les organisations non gouvernementales qui travaillent avec des partenaires dans des pays en développement connaissent très bien les conséquences désastreuses des activités de certaines multinationales. Chantal Peyer, membre du comité exécutif de l’initiative et experte économie et droits humains chez Pain pour le prochain, a découvert les impacts des mines de cobalt de Glencore en République démocratique du Congo : fleuves pollués, régions entières dégradées, personnes blessées. Elle souligne : « Dans les pays avec de faibles structures étatiques, les personnes qui se défendent sont souvent menacées et la justice est corrompue. Il est donc primordial que les personnes concernées puissent demander réparation en Suisse. »

Pragmatique et efficace
En tant que membre de la Commission des affaires juridiques, le conseiller aux États PS et professeur de droit Daniel Jositsch a suivi les travaux du Parlement sur l’initiative pour des multinationales responsables. Il est convaincu que l’initiative suit un chemin pragmatique : « L’initiative permet d’obliger les quelques multinationales qui se moquent des droits humains et des standards environnementaux à enfin prendre leurs responsabilités. Et cela profite à toutes les entreprises suisses qui supportent aujourd’hui un désavantage concurrentiel parce qu’elles travaillent correctement. »

Large soutien

Outre 130 organisations de la société civile, 300 dirigeant-e-s d’entreprise, les Églises et des milliers de bénévoles réunis dans plus de 400 comités locaux, un comité bourgeois de 450 membres soutient l’initiative pour des multinationales responsables. Il est emmené par de nombreux représentant-e-s du PDC, ce qui se reflète également dans les positions des partis cantonaux : en Thurgovie, à Berne et à Genève, le PDC a récemment décidé de recommander le Oui. Rien de surprenant à cela selon Dominique de Buman, conseiller national PDC fribourgeois durant de longues années : « Pour moi et la grande majorité de notre base, il s’agit ici du cœur même de nos valeurs : la dignité de l’être humain. Il est évident que les multinationales ne doivent plus détourner le regard lorsque des régions entières sont polluées ou que des enfants sont contraints aux pires travaux. »

Au cours des jours et des semaines à venir, les initiant-e-s vont à nouveau redoubler d’efforts pour faire largement entendre leurs arguments. Des milliers de personnes qui soutiennent l’initiative ont commandé plus de 800’000 cartes postales afin d’informer personnellement leur entourage. Les comités locaux tiendront, là où ce sera possible, des stands dans les rues avec des concepts de protection et un journal de votation a pu être financé par une action de financement participatif. Dick Marty exprime son optimisme : « Je suis certain que nous réussirons à expliquer clairement aux votant-e-s les contre-vérités de la conseillère fédérale et des opposant-e-s. Finalement, la situation est claire : celles et ceux pour qui la vie des personnes au Nigeria ou au Pérou est aussi précieuse que celle des personnes en Suisse voteront Oui. »