Oui à des multinationales responsables !

Mark Herkenrath, directeur d'Alliance Sud.
5.10.2020
Article global
Chère lectrice, cher lecteur, votez « oui » le 29 novembre à des multinationales responsables – dans l’intérêt de l’être humain et de l’environnement, pour la protection des droits humains et de la nature !

Ce sont peut-être des cas isolés, mais un système est bel et bien en place. Régulièrement, de puissantes multinationales domiciliées en Suisse violent les droits humains et détruisent l'environnement à l’étranger. Alors que la grande majorité des grands groupes helvétiques agissent de manière responsable, certains d’entre eux se procurent des avantages concurrentiels de manière terrifiante, compromettant notamment des progrès accomplis en grande partie grâce à la coopération suisse au développement. Une mine de Glencore creuse un énorme trou dans la ville de Cerro de Pasco, au Pérou, dont les enfants souffrent d'intoxication au plomb. En Inde, des ouvriers agricoles meurent suite à l’inhalation de pesticides de Syngenta interdits à la vente en Suisse. Dans les pays où les structures respectueuses de l’État de droit sont insuffisantes, les victimes de ces méfaits n'ont aucune possibilité de demander réparation.

L'initiative pour des multinationales responsables remédie à cette situation. Elle exige que, partout sur la planète, les entreprises domiciliées en Suisse respectent les droits humains et les normes environnementales reconnues. En cas de viol de ces droits, elles devraient répondre de leurs actes devant un tribunal indépendant en Suisse - en d'autres termes, dans le pays où le siège du groupe prend les décisions favorisant ces abus. Agir de manière responsable est une évidence, mais la pratique est trop souvent différente. Les enfants, les travailleurs agricoles et les peuples indigènes en paient le prix, avec leur santé et leur vie.

Dans la campagne électorale, les opposants à l'initiative mettent en avant de fausses allégations et sèment la peur. Aucune multinationale ne quittera la place fiscale helvétique et ses atouts parce qu’elle doit respecter les droits humains et protéger l'environnement. Le fait est que nombre de pays ont une longueur d'avance sur la Suisse dans ce contexte et ont déjà promulgué des lois aux effets similaires à ceux que demande l'initiative. Celle-ci ne fait pas de la Suisse un cas isolé ; elle se trouve bien au contraire en bonne compagnie.

Le contre-projet du Conseil fédéral, qui entrerait en vigueur en cas de rejet de l’initiative, n’est qu’un alibi manifeste. Il oblige simplement les entreprises peu scrupuleuses à enjoliver leurs pratiques en matière de droits humains via la publication de brochures annuelles sur papier glacé. Rien ne changera pour les victimes de violations des droits humains ; et les conséquences de la destruction de l'environnement seront tout aussi catastrophiques. C'est pourquoi plus de 200 000 bénévoles de tous âges, répartis dans plus de 400 comités locaux dans toute la Suisse, ne ménagent pas leurs efforts en faveur de cette initiative. Nombre d’entrepreneurs et de politiciens bourgeois, ainsi que les organes nationaux de toutes les Églises de Suisse, la soutiennent également.

Chère lectrice, cher lecteur, votez « oui » le 29 novembre à des multinationales responsables – dans l’intérêt de l’être humain et de l’environnement, pour la protection des droits humains et de la nature !