Des entreprises au lieu des ONG

Article politique
La Direction du développement et de la coopération (DDC) réduit considérablement les contributions aux différentes organisations partenaires. Un autre élément à la mosaïque de la restructuration de la coopération suisse au développement.

A partir de 2021, la coopération suisse au développement nouera plus de partenariats avec des entreprises suisses. Les partenariats éprouvés avec les œuvres d'entraide suisses en pâtissent. Début juillet, la Direction du développement et de la coopération (DDC) a annoncé que les contributions de la Confédération aux différentes organisations partenaires seraient considérablement réduites.

Le Conseil fédéral et l'administration cherchent à réorienter la coopération suisse au développement et l'aide humanitaire. Dans le processus de consultation en cours sur la coopération internationale à partir de 2021, ils proposent un lien plus étroit avec les intérêts de politique intérieure et d’économie extérieure. Il est surtout prévu d'élargir les partenariats de la Direction du développement et de la coopération (DDC) avec des entreprises suisses et d'autres acteurs économiques.

Les partenariats éprouvés de la DDC avec les œuvres d'entraide suisses se poursuivront également après 2021. Toutefois, aucune expansion n'est prévue ici. Au contraire, comme la DDC l'a annoncé début juillet, les contributions aux programmes des ONG suisses doivent être limitées et redistribuées. Concrètement, la DDC entend réduire sensiblement les contributions fédérales aux programmes de développement international des œuvres d'entraide suisses - de 50% actuellement à 30% (pour les organisations individuelles) et 40% (pour les alliances et les organisations faîtières) respectivement. Elle a également l'intention d'introduire un nouveau plafond de CHF 8 millions.

Pour de nombreuses organisations concernées, cette décision signifie qu'elles devront abandonner divers projets de développement dans des pays défavorisés et, dans certains cas, se retirer complètement des pays partenaires existants. Ceci est d'autant plus regrettable que les organisations concernées, avec leurs nombreuses années d'expérience, ont prouvé leur contribution significative à la réduction de la pauvreté et au développement durable mondial.

Il est réjouissant de constater que la DDC continuera à l'avenir à ne conclure des partenariats qu'avec des ONG qui répondent aux critères de qualité les plus élevés et qui possèdent le certificat ZEWO. Les critères d'évaluation des nouveaux partenariats prévus entre la DDC et les entreprises et autres acteurs économiques restent toutefois ouverts. Malheureusement, les documents sur la procédure de consultation sur la coopération internationale de la Confédération à partir de 2021 ne fournissent aucune information contraignante.

Pour plus d‘informations:

Mark Herkenrath, directeur d'Alliance Sud, tél. 078 699 58 66