Eloge de la biodiversité culturelle

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« Nous ne voulons pas devenir une réserve d’Indiens. » Voilà peut-être la revendication la plus proche du degré zéro de la pensée politique. Elle signifie bien souvent ceci : « Laissez-nous bétonner et urbaniser ici tranquillement, et utiliser massivement autant de ressources que nous voulons quel qu’en soit le prix ailleurs.» En arrière-fond, elle révèle un mépris pour les autres peuples, ces indigènes arriérés qui en sont encore à se promener avec des plumes sur le crâne quand ce ne sont pas des os dans le nez.

Ce dossier s’inscrit aux antipodes de cette attitude : « Le barbare est d’abord l’homme qui croit à la barbarie », dit avec force Claude Lévi-Strauss. Et l’évolution du monde signale que les Occidentaux et leurs émules ont au contraire tout lieu de prêter la plus grande attention à la manière dont les peuples autochtones gèrent leur environnement là où leurs forêts n’ont pas encore été abattues par la convoitise la plus sotte, là où leurs territoires n’ont pas été accaparés pour y exploiter toutes les ressources pourtant finies que la société industrielle consomme frénétiquement. [éd.]