Politique

Agenda 2030

Alliance Sud s’engage, dans ses six axes de travail, pour une politique suisse cohérente et inspirée de l’Agenda 2030 de l’ONU. Ce cadre d’une nouvelle « politique intérieure mondiale », adopté en automne 2015 par 193 chefs d’Etat et de gouvernement, fixe 17 objectifs de développement durable (ODD). Ceux-ci visent un équilibre durable et équitable entre le volet social, environnemental et économique – aujourd’hui et pour les générations futures. Le Nord et le Sud y ont les mêmes devoirs ; les intérêts globaux et nationaux ne doivent pas être opposés les uns aux autres. En association avec d’autres organisations non gouvernementales, Alliance Sud examine la façon dont la Suisse met en œuvre les ODD.

Politique de développement

Alliance Sud suit et analyse la politique de coopération au développement, dominée par les pays industrialisés. Elle soutient l’intérêt des pays en développement et de leurs populations à influencer le façonnement de cette politique sur un pied d’égalité, dans le cadre de l’ONU. En Suisse, Alliance Sud s’engage pour une coopération au développement qui a du sens et n’est pas utilisée à mauvais escient pour des objectifs de politique extérieure, intérieure ou diplomatiques. Le but d’Alliance Sud est aussi que la Suisse, comme convenu sur le plan international, alloue 0.7% du revenu national brut à la coopération au développement.

Climat et environnement

Alliance Sud s’engage pour une politique environnementale et climatique suisse qui respecte les limites planétaires et atmosphériques. La base, ce sont les objectifs de développement durable et l’Accord sur le climat de Paris, qui vise à limiter le réchauffement global à 1.5 – 2.0°C par rapport au niveau d’avant l’ère industrielle. La Suisse ne doit pas seulement réduire ses émissions de CO₂ à zéro d’ici 2040, mais aussi reconnaître sa part de responsabilité pour les causes et les conséquences du changement climatique global. Pour les surmonter, le Sud a besoin de soutien. Alliance Sud exige de la Suisse un engagement financier renforcé par rapport à la coopération au développement traditionnelle ; le financement du climat ne doit pas se faire aux dépends de la lutte contre la pauvreté, la formation et la santé.

Politique fiscale et financière

Alliance Sud s’engage pour une politique fiscale et financière suisse en syntonie avec un développement durable du monde. En tant que membre de la Global Alliance for Tax Justice, elle lutte contre l’évasion fiscale des personnes physiques et des multinationales sur le plan mondial, car l’évasion fiscale mine la démocratie et le bien-être partout. En cela, la Suisse, qui continue à être la plus grande place financière offshore du monde, a une responsabilité particulière.

Commerce et investissements

Alliance Sud analyse les règles commerciales internationales et s’engage pour qu’elles soient plus équitables. Au lieu des négociations dans le cadre multilatéral de l’Organisation mondiale du commerce, il y a de plus en plus d’accords de libre-échange bilatéraux ou de partenariats, comme le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) ou l’accord sur le commerce de services TISA. Les deux sont des tentatives, initiées par les pays industrialisés, de faire avancer la dérégulation des marchés et limiter les possibilités des Etats de protéger leurs intérêts. Aussi dans les accords d’investissement, Alliance Sud s’engage pour que la protection des droits humains, des standards environnementaux et des objectifs de développement durable n’y soient pas seulement inclus, mais aussi respectés et surveillés.

Entreprises et droits humains

Alliance Sud s’engage dans la large coalition d’organisations non gouvernementales suisses qui ont lancé ensemble, au printemps 2015, l’Initiative multinationales responsables. Les années précédentes, le gouvernement et le Parlement avaient refusé d’adopter des mesures légales pour mettre en œuvre les Principes directeurs de l’ONU sur les entreprises et les droits humains, en vigueur depuis 2011. Ceux-ci exigent qu’un mélange raisonnable de mesures volontaires et de règles juridiques améliore de façon durable le respect des droits humains par les entreprises.